Bonjour tout le monde,
Dans notre quête pour trouver un saphir à l’église de Trehorenteuc, (ça y est je l’ai!!) pour la fée Viviane, Merlin, Vulcain et moi sommes tombés dans un piège tendu par la fée Morgane. Nous voilà poursuivis par une meute de vampires assoiffés, qui ne s’attaquent qu’aux humains et à leurs côtés sombres. Pour leur échapper Merlin a eu la lumineuse idée de tenter de nous transformer en animaux afin de pouvoir remonter la rivière jusqu’à l’église où nous espérons trouver la fameuse pierre. Vulcain s’est transformé en premier, en une très jolie biche toute blanche moi je me suis retrouvée en petit cheval gris et Merlin en aigle pour nous montrer la route.

Bizarre cette inversion de sexe…on va faire avec, pas le choix mais ça fait beaucoup de changements d’un coup là…j’espère que cette transformation ne va pas nous faire oublier notre objectif et que nous n’allons pas avoir pour unique préoccupation l’envie de brouter les touffes d’herbes qui nous passent sous le nez. Parce que c’était ça l’idée de départ…cacher notre esprit humain, retrouver nos instincts de base. Nous voilà parti, Merlin en l’air, et nous sur le sentier qui longe la rivière. Il semblerait que nous ayons gardé une partie de notre conscience, en tout cas nous savons que nous devons nous rendre à l’église. Au fait pourquoi Merlin ne nous a t-il pas tous transformés en oiseaux? J’aimerai bien voler moi aussi! Il a peut-être eu peur que nous ne maîtrisions pas le vol assez vite? Ou alors il voulait juste montrer sa supériorité? Ce qui n’est pas impossible histoire de redorer son blason suite à la façon dont Viviane l’a jeté et dont Morgane l’a roulé…Il avait besoin de prendre l’air certainement! En tout cas le plan à l’air de marcher. Les vampires ne s’intéressent pas à nous du tout…C’est cool. Je profite de mon état temporaire de cheval pour m’attarder sur mes sensations. C’est étrange de ne plus avoir l’esprit embarrassé par tout un tas de trucs. La lumière est plus vive, les bruits plus distincts. J’entends le vent souffler dans les branches avec une acuité particulière. Je repère une touffe d’herbe à plusieurs mètres. Et hop…un petit galop histoire de ne pas perdre Merlin de vue…c’est grisant de voir défiler le paysage à toute allure. Ça sent la terre, l’humus, les arbres, la nature est là partout autour de nous. Je la vois, je l’entends, je la sens avec mes naseaux, mes sabots, mon pelage, je la mange. On peut marcher et brouter en même temps quand on est un cheval. Je sens des choses inconnues des humains, des variations de lumière et d’énergie subtile, de nouveaux sons, de nouvelles sensations. Je me sens pleinement appartenir à cet environnement, à cette terre, à ma place et en harmonie. Pour la première fois de ma vie je me sens vraiment libre!!

Je vais peut-être rester comme ça moi…quelle paix!! Quel bonheur de ne plus se poser 36000 questions à la seconde, de ne plus chercher à comprendre pour comprendre…de ne plus s’illusionner sur tout un tas de truc qui brillent et qui ne sont pas en or! Juste « être » l’espace d’un instant. Sans penser au lendemain, sans chercher à être calife à la place du calife, sans chercher à être autre chose qu’un petit cheval gris , juste un pas après l’autre, une touffe d’herbe après l’autre.
J’ai perdu la notion du temps aussi…je vois juste que le soleil est bien bas quand nous arrivons enfin devant l’église. Ne me rends pas tout de suite mon apparence humaine Merlin s’il te plait…je me sens tellement…léger du coup, et l’herbe est toute verte ici! Laisses-moi en profiter encore un petit peu! C’est pas mauvais l’herbe en fait…un goût que je ne connaissais pas. Il y a tout plein de goûts différents entre les plantes, et je ne vous parle pas de pommes!! Mon seul regret c’est de ne pas pouvoir mettre mes sabots et mes naseaux bien au chaud sous ma crinière…
A demain!!